Assises de l’éducation prioritaire : le compte n’y est pas !

jeudi 28 novembre 2013
par  FSU
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La FSU dénonce la refonte de l’éducation prioritaire mise en oeuvre par le ministère dans la plus extrême précipitation, sur la base d’un pré-rapport dont les les orientations sont fortement contestables.

Au niveau local, les demi-journées banalisées pour ces assises ont été mises en place dans la précipitation. Les personnels n’ont donc pas pu réellement préparer ces débats, débats qui plus est balisés sur les questions « autorisées ». Un choix des participants totalement opaque, des personnels minorés par rapport aux « experts » et aux personnels de direction ou corps d’inspection, des rapporteurs souvent désignés par la hiérarchie ont laissé la plus grande insatisfaction aux enseignants face à des synthèses qui ne retracent pas l’essence des discussions...

A titre d’exemple, aucune discussion n’a été menée sur les lycées, quels que soient leurs types, qui n’apparaissent d’ailleurs pas dans le pré-rapport. Les personnels exerçant dans ces établissements n’auront donc pas pu exprimer leur opinion, alors qu’ils sont eux aussi confrontés aux problématiques de l’enseignement prioritaire.

Nous déplorons aussi l’absence de transparence dans la communication des synthèses remontées des établissements ou des réseaux, comme le fait qu’il n’y aura pas de retour dans les établissements et les écoles de la synthèse départementale.

Vous trouverez ici la synthèse départementale, disponible sur le site de l’académie de Versailles.

Ce que portent et exigent les personnels avec la FSU

Entendre les revendications des personnels est absolument nécessaire sous peine d’imposer une réforme contestable et contestée, à l’instar des réformes ont pu être mises en place contre la volonté des personnels.

Quelles sont les revendications fortes des personnels ?

Dans la demi-journée banalisée, quatre revendications ont émergé : la fin du dispositif ECLAIR, une carte de l’éducation prioritaire qui ne fragilise ni les établissements ni les élèves, la réduction impérative des effectifs par classe et du temps pour travailler sans allongement du temps de présence

Enfin, d’une manière générale, les personnels sont convaincus de la nécessité de réaffirmer l’éducation prioritaire comme une mission primordiale dans un contexte de dégradations socio-économiques et de creusement des inégalités. Un engagement renforcé de l’État dans les zones difficiles suppose l’abandon de la politique d’austérité et un effort budgétaire considérable pour l’Éducation, qui doit être une vraie priorité nationale Cet investissement doit aussi conjointement être mené dans le domaine de la création d’emplois , du renforcement de l’aide sociale et de la protection sociale, de l’intégration et d’une véritable politique de la ville.

C’est pourquoi au nom des personnels que nous représentons, nous exprimons notre volonté de voir prises en compte réellement et précisément les revendications suivantes :

Conception de l’éducation prioritaire : tous les territoires doivent être concernés. Urbains, ruraux, DOM...Elle ne doit exclure ni les lycées généraux et technologiques ni lycées professionnels. Pour la FSU, l’éducation prioritaire se définit de la maternelle à la terminale.

La mise en oeuvre de l’éducation prioritaire, c’est : un même label pour tous les établissements, une carte de l’éducation prioritaire qui se fasse sur des critères transparents et partagés. Nous demandons aussi la proportionnalité entre les difficultés rencontrées et mesurées par des critères transparents, et les dotations des écoles et établissements des zones concernées. Nous refusons la contractualisation, qui subordonne l’octroi des moyens à application de bonnes pratiques et à une organisation dérogatoire, ce qui amène à une mise en concurrence des établissements entre eux. Nous réaffirmons la nécessité d’avoir, en éducation prioritaire, les mêmes objectifs, exigences et ambitions que partout ailleurs. Nous demandons la fin des mesures d’assouplissement de la carte scolaire, pour que celle-ci soit repensée dans l’optique de garantir la mixité sociale.

Les conditions de travail des enseignants et d’apprentissage des élèves : fin du dispositif ECLAIR, rupture avec le mode de gouvernance et les hiérarchies intermédiaires, le recrutement local... pour recréer un climat de confiance entre les personnels et leur hiérarchie. Renforcer le nombre de personnels (en particulier administratifs, CPE, Vie scolaire, médecins, santé, assistants sociaux) en revalorisant les métiers et en créant des postes statutaires. L’urgence est aussi à la refondation des formations initiales et continues des personnels, en relation avec la recherche, avec des stages et des modules de formation consacrés à l’exercice du métier dans les écoles et établissements de l’éducation prioritaire afin d’y apporter les exigences du cadre national de l’éducation. Nécessité d’abaisser les effectifs des classes et de favoriser le travail en petits groupes, nécessité de locaux agréables et fonctionnels avec du matériel de qualité. Des RASED complets, avec un renforcement des dispositifs de soutien et d’accompagnement. Scolarisation des moins de 3 ans partout où les parents en font la demande, véritable dispositif « Plus de maîtres que de classes ». Rendre les établissements attractifs afin de favoriser la stabilité des équipes : prendre en compte la pénibilité des conditions d’exercice par décharge de service pour le travail en équipe, permettre des temps de rencontre avec les parents et les autres partenaires, des indemnités améliorées et des aides pour le logement à l’intention des jeunes collègues.


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